Dieu, les anges et les autres

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Lieu : Charleroi, Belgium

29 août 2006

Le latin, langue pas morte du tout!

Tout d’abord, il convient d’établir une distinction capitale: une langue morte est une langue que plus personne ne parle ou n’écrit et dont on n’a plus conservé aucune trace écrite ou orale; par contre, une langue ancienne est une langue dont on a encore des traces actuellement mais qui était parlée et/ou écrite pendant l’Antiquité. Dès lors, le latin (tout comme le grec d’ailleurs) est une langue ancienne, et non pas une langue morte. Même si l’on utilise cette dernière appellation par facilité, il n’en reste pas moins que cette appellation est erronée.

Si je m’exprime sur le sujet, c’est que le latin suscite quelques interventions assez récentes dans la blogosphère. Ainsi, Pierre Bilger a réagi récemment à une nouvelle parue dans Les Echos: cet article émet l’idée de faire du latin la langue officielle de l’Union Européenne. Cette idée n’est pas neuve, et elle retient l’attention.

Moi-même, je suis un fervent défenseur de l’enseignement du latin dans les écoles secondaires, je suis convaincu que l’étude du latin (et encore mieux du latin ET du grec) permet une ouverture d’esprit plus large et permet aussi (surtout) de prendre du recul par rapport à aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce qu’a dit le Recteur de l’UCL Bernard Coulie lors de l’émission radio de la Première (RTBF) Les décideurs du vendredi, qui a été rediffusée ce dimanche à midi.

Par ailleurs, le latin (et le grec!!!) est étroitement lié au français, il est «le point de départ de notre langue et de notre culture» (dixit Jacqueline de Romilly dans un article de 2004). Elle ajoute que «ces deux langues, étudiées assez tôt, développent la compréhension de nos mots et de nos constructions».

Je cite encore Jacqueline de Romilly: «l’enseignement est aussi une formation de l’esprit, une formation du caractère, du jugement, de l'imagination –et une découverte des valeurs. Or, tout cela a commencé dans les civilisations antiques et s'y est exprimé de façon encore simple à travers des personnages qui nous touchent et sont porteurs d'un idéal humain. De plus cet idéal étant présenté sous une forme qui n'est pas purement nationale, peut faciliter les rapprochements entre des jeunes d'origines diverses».

Ceci dit, je suis d’accord avec Didier (de Paris Neuvième), quand il dit, dans un commentaire qui m’est adressé sur le blog de Pierre Bilger, que, si Descartes a écrit en latin, la polémique s’est faite en français et que la Renaissance a permis l’essor des langues vernaculaires.

Citons pour terminer le site d’une radio finlandaise, qui émet une fois par semaine des News, pardon: des Nuntii en latin, et que leur site internet est entièrement en latin.

Le latin n’est pas mort, encore ne faut-il pas faire de l’acharnement thérapeutique, mais respecter ce patrimoine mondial et le transmettre aux jeunes générations.

Valete (en latin dans le texte, ce qui signifie: "portez-vous bien").

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Rédacteur Agoravox